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Pour que chacun puisse s'informer sans se brûler les ailes
Pascal Mathieu
mai
05

 

Confiance

Hier s’est tenu un Conseil d’Administration frustrant. Air France est une caricature des bons et des mauvais côtés de la France.

Côtés positifs, les résultats du premier trimestre sont encourageants. Le chantier Perf’Ops est en marche et Trust Together avance. Le projet expérimental Boost, en matière de positionnements marché, marketing, digitalisation et innovation fait sens. De nombreuses initiatives de groupes de salariés modernisent nos pratiques, améliorent la qualité de service et la compétitivité de la Compagnie.

Côté négatifs, Boost reste conditionné à un aléatoire accord avec les syndicats de pilotes. Les réformes structurelles sont trop modestes et lentes face aux efforts de nos concurrentes et aux désirs des clients.

 Par ailleurs, il faut qu’AF et KLM coopèrent plus harmonieusement. Air France a besoin de KLM mais la réciproque est tout aussi vraie ! Il est nécessaire d’augmenter notre compétitivité pour rééquilibrer le développement de l’activité entre les deux compagnies. Il faudra un jour trouver un partenaire industriel qui renforce notre capital pour soutenir nos ambitions. La réponse à l’émergence des low costs long-courrier reste à traiter. Nous devons intensifier nos efforts sur la satisfaction client et la performance opérationnelle en maintenant un haut niveau de sécurité des vols.

Les immenses atouts de notre Compagnie attendent toujours de s’exprimer pleinement dans un marché où nos concurrentes sont, soit en marche quand, comme Lufthansa, elles adaptent leur modèle, soit agonisent comme Alitalia.

 L’heure reste donc grave, ne nous décevez pas :

  • Dirigeants d’Air France, décidez afin que la Compagnie avance résolument.
  • Syndicalistes PN, soyez raisonnables, ne nous entrainez pas dans un suicide collectif.

Chacun entendez, avec respect et sérénité, l’exaspération d’une majorité de salariés de tous les métiers et de l’encadrement qui usent leur motivation dans l’attente du dénouement de négociations à l’issue sans cesse repoussée.

Nous sommes indignés que, malgré un engagement intense du management, notre énergie, nos réels efforts et nos compétences sont dévalorisés dans une entreprise « ingouvernable ».smiley-atterre

Nous n’acceptons plus de rester englués dans les tentatives de solutions stériles d’un dialogue social catégoriel qui nous entraine inéluctablement vers une casse économique et sociale.

Écoutez et répondez à l’attente des salariés, usés et désabusés par le spectacle affligeant de notre impuissance collective.

Sachez mettre vos egos dans vos poches et dépasser vos rancœurs et récriminations. Ce n’est pas de clivages inter catégoriels fratricides, d’accusations réciproques et de « têtes coupées » dont nous avons besoin mais de confiance et de cohésion pour se battre ensemble contre nos concurrentes.

Que la Direction exerce son pouvoir en appliquant une stratégie avalisée par le conseil d’administration afin de répondre complétement et sans plus tarder aux immenses opportunités du marché. Qu’elle modernise réellement la culture managériale et nos façons de travailler. Qu’elle donne plus de pouvoir d’initiative et d’action aux salariés. Qu’elle réaffirme des valeurs d’entreprise qui recueillent notre adhésion.

Que tous les syndicats considèrent la réalité en face, soient force de proposition, négocient des compromis pour pérenniser nos emplois et protéger au mieux nos conditions de travail.Think Big

Œuvrons au succès d’Air France en évoluant grâce à une démarche apaisée, réellement collaborative qui profite de l’intelligence collective des salariés, de la direction et des syndicats réformistes.

Laissez-nous croire et espérer dans un avenir meilleur !

Nous voulons rester fiers et enthousiastes de travailler à Air France !

jan
24

 

going to2017 - Challenge - Saut - Risque

Je vous souhaite ainsi qu’à ceux que vous aimez une belle année 2017. Que la vie réponde à vos vœux personnels et vous apporte la concrétisation de vos rêves.

J’en profite pour partager avec vous quelques souhaits :

  • Pour la sécurité des vols car rien n’est jamais acquis. Le transport aérien ne peut pas être banalisé et la productivité doit impérativement passer après le respect des règles de l’art de nos métiers.
  • Pour que l’on soit tous assurés de garder un emploi au sein d’Air France.
  • Pour un constat transparent de la situation fait sans catastrophisme mais avec lucidité. Le tas de sable déblayé par TransForm se reconstitue car la concurrence produit toujours à moindres coûts.
  • Pour un projet stratégique offensif clarifié, galvanisant et unificateur qui respecte le modèle social d’Air France dont nous pouvons être fiers.
  • Pour enfin faire les réformes de fond et discerner ce qu’il faut impérativement faire évoluer car il y a un lien entre les ambitions d’Air France et sa rentabilité qui lui donne des capacités de financement.
  • Pour rendre gouvernable notre entreprise ; Avoir des dirigeants qui y croient, des patrons qui ont le courage d’assumer avec détermination des décisions qui se démarquent des tentatives de solutions passées inefficaces. Pour que nos décideurs ne subissent pas la cogestion des pilotes et le bon vouloir de KLM et qu’ils engagent avec eux des relations normales et apaisées.
  • Pour de la rapidité de mise en œuvre intégrale des décisions sans attendre d’être en urgence absolue pour réagir. Et pour un suivi de l’efficacité des actions.
  • Pour une réelle ambition dans la gestion des femmes et des hommes de la Compagnie qui réponde au besoin de bienveillance et d’exigence. Et surtout pour de l’exemplarité et pour plus de cohérence entre les discours et ce que nous vivons au travail.
  • Pour une réelle équité et une complète solidarité entre métiers.
  • Pour que soient éradiqués les irritants qui nous exaspèrent et pour pallier les effets dévastateurs des PDV. Pour des projets qui aident, simplifient et répondent à nos besoins concrets et non des usines à gaz qui nous rendent la vie ubuesque.
  • Pour ne plus être englués dans la technostructure conformiste et sclérosante qui dépense son énergie à faire des études sans fin ou à contrer toute initiative, qui tue la libre expression, et défie le bon sens.
  • Pour que notre engagement au service des clients soit reconnu et justement rétribué et que l’on puisse de nouveau bénéficier de l’ascenseur social. Nous sommes la principale richesse de la Compagnie.
  • Pour imposer une nouvelle régulation sociale (accords et promesses respectés, négociations transparentes, linge sale lavé en famille et rapports de force « public friendly »).
  • Pour se battre contre les compagnies du Golfe, Ryanair et les abus d’ADP. Pour obtenir de l’Europe une application stricte de règles de la concurrence. Pour que le gouvernement cesse de prendre le transport aérien pour une vache à lait.
  • Pour qu’Air France et la DGI trouvent des financements, pourquoi pas grâce à des alliances capitalistiques basées sur des partenariats industriels. Car la réalité des échéances financières rattrapera Air France tôt ou tard et sans doute plus tôt que certains syndicats et la direction nous le disent.
  • Pour un « Trust » fort, du vrai vivre ensemble : de la bonne humeur, du plaisir de travailler, de la convivialité, des endroits et des moments où échanger pour « enchanter Air France » ; Bref pour de l’innovation sociale ou plutôt pour un retour aux basiques d’un management simplement humain.
  • Pour un « Together » infaillible embarquant l’ensemble des membres d’équipage d’Air France que sont tous ses salariés, au sein du même « avion » et non éclatés en filiales.
  • Pour que l’on n’ait plus à répéter les mêmes vœux chaque année !personnage et nuage de mots succès

Nos attentes sont fortes. Espérons une impulsion salvatrice radicale qui redonne espoir, repousse le scepticisme ambiant et développe la confiance d’y croire toujours.

Belle année à chacune et chacun !

Que du bonheur !

sept
08

 

777-au-decollage

« Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir. » Jean Jaurès

 

Monsieur Le Président, votre arrivée a été discrète. Vous avez pris le temps de vous faire votre opinion. Les grèves de l’été vous ont vite mis dans le bain ! Votre souci d’apaisement est bien perçu. Le besoin d’un recours au Boston Consulting Group pour accompagner la démarche « Trust Together » a beaucoup surpris tant le diagnostic est connu et la stratégie contrainte. Mais si cela vous permet d’avoir un état des lieux impartial et en prise plus directe avec l’avis de l’encadrement, c’est une bonne chose.

Des PDG, nous en avons vu beaucoup, dont certains n’ont fait que passer. L’encadrement attend donc avec circonspection mais espoir que vous gouverniez Air France – KLM en remettant les choses enfin dans le bon ordre. C’est à dire : analyse de la concurrence et du marché, constat partagé de la situation de la Compagnie, exposé d’une vision pour AF-KLM, choix d’un plan stratégique, collaboration avec les salariés et dialogue avec les syndicats pour sa mise en œuvre complète et rapide.

Votre calendrier est contraint. L’embellie de la Holding est fragile. Au moindre retournement de conjoncture, les comptes se dégraderont rapidement. Or, l’expérience montre que les ennuis reviennent inéluctablement à fréquence régulière. On peut même se demander si une nouvelle crise n’est pas déjà là. En effet, la surcapacité de l’offre et la chute d’attractivité touristique de la France entrainent un recul du trafic et une dégradation de la recette unitaire absorbant l’effet positif de la baisse du carburant. Dans l’idéal il faudrait une vision claire en novembre pour que soit décidée la stratégie avant fin 2016. Mais vitesse ne veut pas dire précipitation, il faut du temps pour restaurer la confiance interne, convaincre et faire adhérer les salariés.

Monsieur le Président, les salariés attendent de vous une vision et une stratégie pour leur Compagnie :Concept key cheap flying.

Faire un constat partagé de la situation

Le préalable à toute mobilisation est de faire un constat partagé. L’autocensure règne depuis trop longtemps. On peut être lucide sur la situation, les risques et les enjeux et en tirer une motivation pour se battre et gagner. AF n’a pas besoin d’un nième benchmark, mais de discernement.

Le climat social est dégradé comme jamais : morosité, désenchantement, envie de partir, démotivation devant le sentiment d’éternel recommencement, d’efforts vains, d’injustice, de manque de reconnaissance. Les femmes et les hommes d’AF ne supportent plus « d’être utilisés ». Ils endurent les incohérences entre les discours, les paroles et les actes. Cela dépasse l’exaspération, c’est une usure qui se manifeste à tous les niveaux de la Compagnie. Beaucoup de salariés n’espèrent plus rien, de personne ! Ils sont las du gâchis actuel et du manque d’avenir. Le fragile édifice humain ne tient, mais pour combien de temps, que grâce aux relations humaines encore amicales entre collègues et à leur passion partagée de l’aéronautique.

Il ne faut pas faire l’autruche en s’illusionnant sur le rang de la Compagnie. Notre part de marché s’érode. TransForm a permis de rester dans le peloton mais AF-KLM stagne en queue de celui-ci car nos concurrentes font rapidement des réformes structurelles. Tous les gains de productivité sont absorbés par la baisse des tarifs. AF-KLM n’est plus leader. Et en plus, elle est un challenger menacé sur pratiquement tous ses segments et activités. Pour le long courrier, la concurrence des compagnies du Golfe et l’émergence du low cost risquent de porter atteinte à nos hubs. Pour le réseau domestique et européen, le TGV, Easy Jet, Ryannair, et autres Vueling fragilisent une position encore enviable.

Le mur d’investissements à venir et l’épuisement des réserves rendent très fragile le redressement indubitable actuel.

Enfin, c’est un leurre de croire que l’actionnariat de l’État protège la Compagnie !

Définir une vision

Que vous affirmiez clairement une vision combative, crédible, faisable, enthousiasmante pour AF-KLM est une attente cruciale. Cela donnera du sens aux efforts de chacun. Ce but ne doit pas être économique. On ne se mobilise pas sur un résultat d’exploitation mais sur un « idéal » de notre Compagnie.

Décider d’une stratégie et agir

Le besoin est vital de prendre les décisions stratégiques structurelles de fond et de les appliquer. Ceci pour éviter de rentrer dans la spirale des non-choix, des décisions contraintes qui se révèleront mauvaises et ne feront qu’amplifier la relégation. Il faut donc « trancher », passer de l’imprécation à l’action.

Dans la stratégie

Personne ne peut ignorer que le modèle du réseau Moyen – Court Courrier européen converge vers ceux d’Easy Jet et de Ryannair. Il serait dommage de regarder passer la croissance de ce marché et en particulier celui province <-> Europe sans y participer pleinement. Ne faudrait-il pas soutenir HOP-AF et développer au maximum Transavia y compris dans le créneau Affaire/Loisirs ? Et réduire le nombre de marques ?

Pourquoi ne pas s’inspirer de Renault/Nissan/Dacia pour constituer plusieurs entités industrielles complémentaires dans la Holding ?

Pour rester un partenaire crédible et convoité dans nos accords et JV, il est important de retrouver la performance permettant de développer notre réseau.

AF-KLM doit pouvoir participer à la consolidation européenne, loin d’être achevée, et réfléchir à la reprise de la croissance externe par exemple avec Air Europa ou Virgin.

Pour le long courrier, osons tester du « low cost » loisirs comme le fait Lufthansa. AF devrait se permettre de réfléchir à toutes les options d’alimentation de CDG. Car il faut anticiper les menaces de partenariat entre une concurrente et une low cost européenne.

Monsieur le Président, poursuivez vos actions pour que l’État cesse de ponctionner les gains de productivité interne, fruits des sacrifices des salariés. Obtenons des État Généraux du transport aérien avec pour objectif un plan Marshall qui restaure la compétitivité externe. Intensifiez le lobbying à Bruxelles.

Pour la performance de base

Donnez des moyens au projet Perf’Ops car la performance opérationnelle est vitale pour l’avenir du Hub. Elle a aussi des impacts sur la sécurité de vols et les résultats économiques. Le respect du contrat commercial de base (sécurité, ponctualité, service, bagages…) est primordial pour fidéliser nos clients. Beaucoup de salariés espèrent que Perf’Ops atténuera les irritants quotidiens et qu’enfin notre fonctionnement sera simplifié. L’agilité réclame moins de règles rigides et de procédures souvent inadaptées. Pourquoi l’exploitation AF n’arriverait-elle pas à faire des demi-tours avions en escale aussi brefs que ceux de la concurrence low cost ?

Dans l’organisation

Avec autonomie mais pas indépendance, il est crucial d’articuler les organisations d’AF et de KLM vers plus d’intégration. Aujourd’hui, la dysharmonie, qu’il est tabou d’exprimer, conduit de part et d’autre à des velléités de séparation qui serait catastrophique. Pour garder une taille critique, pour profiter de synergies et des atouts des deux groupes, il faut une gouvernance de la holding qui soit forte ; qui puisse assurer une meilleure cohésion et une répartition équilibrée de l’activité entre AF et KLM.

Libérez notre organisation en silos, faite de strates accumulées, pour redonner de la responsabilité, de l’autonomie et de la créativité. Beaucoup attendent une réforme de l’organisation actuelle éclatée en Business Units. Nous avons besoin de cohérence et de souplesse en particulier au hub.

Enfin, sans déstabiliser le management, l’accueil de sang neuf dans le haut management est nécessaire.

Faire partager l’espoir

Depuis des années s’est ancré dans nos quotidiens professionnels le fait que le changement n’a que des impacts négatifs. Il est temps de positiver les réformes en développant leur partie « gain ». Par une révolution de notre façon de travailler plus efficacement et agréablement (télétravail encouragé, pas d’open space dogmatiquement imposés…).

L’espoir que nos efforts nous donnent un avenir meilleur a besoin de se concrétiser. Principalement par la reconduction de la garantie de l’emploi.

Il faut plus de cohésion inter catégorielle. Cela ne se décrète pas. Cela sera le fruit d’une réelle équité et solidarité dans les efforts faits par chaque corporation, que vous saurez défendre.

Dynamiser le capital humain

AccountabilityLes réformes structurelles à venir peuvent être faites en respectant les salariés.

Face aux initiatives, on en entend encore trop souvent : « on a déjà essayé » ; « c’est trop tard » ; « ce n’est pas possible ». AF a besoin d’un management bienveillant et exigeant qui responsabilise, donne du pouvoir et encourage l’expression. Les discours qui ne se transforment pas en acte et les pratiques qui sont parfois en totale contradiction avec les annonces sont catastrophiques pour le moral.

Au fil des plans d’économie, les rituels (convention, remise de médailles, pots de départ, etc.) ont quasiment disparu. Il faudrait recréer du lien social et renforcer la fierté de travailler à Air France.

Last but not least, les salariés sont écœurés du peu de retour salarial de leurs efforts. Le niveau des rémunérations de l’encadrement est nettement inférieur à celui du marché. La reconnaissance financière des mérites et un programme ambitieux d’actionnariat salarié sont indispensables.

Moderniser le dialogue social

Les grèves laissent exsangue la compagnie et attisent l’ire de nos clients et de nos concitoyens. Instaurons une nouvelle régulation sociale paritaire qui évite les luttes d’ego sur des questions de principe. Un comité paritaire de « sages » pourrait gérer en amont les « dispute ». Et les partenaires sociaux devraient s’engager au respect mutuel des accords signés.

La confrontation des idées et la défense des salariés sont indispensables. Soutenez les syndicats progressistes d’Air France et de KLM. Il n’est pas normal que la prime aux conflits irrationnels et absurdes soit le gel des efforts pour ceux qui abusent du rapport de force. La trêve doit bénéficier à tous les personnels.

Monsieur le Président, mettez en place un dialogue collaboratif avec les salariés, qui ne sombre ni dans l’instrumentalisation ni dans la démocratie participative.

L’État ne doit pas interférer dans le dialogue social

Confiance dans l’avenirLa confiance

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. » Winston Churchill

L’alternative devant laquelle se trouve AF-KLM dont vous êtes désormais le pilote est simple :

  • se résigner à un déclin inéluctable plus ou moins lent en continuant à tergiverser et à s’enferrer dans des conflits abscons qui rendent la Compagnie ingouvernable.
  • prendre à bras le corps l’avenir, faire des choix répondant à une vision et s’accorder avec les syndicats pour gérer au mieux de réelles transformations structurelles. Abandonner définitivement le plan B en relançant une dynamique offensive de croissance rentable, vertueuse pour notre compétitivité et nos coûts. Vanter davantage les réussites et s’appuyer sur tous les progrès déjà réalisés.

Air France a progressé. Dans l’adversité les personnels ont toujours su réagir collectivement de façon efficace. Il faudrait savoir dépasser l’amertume du gâchis actuel qui nous fait passer à côté d’un marché en pleine croissance. C’est une question d’avenir soutenable. Air France peut être sauvée en se basant sur ses immenses atouts dont la qualité de son service.

L’encadrement d’Air France n’attend que d’avoir les armes et d’être soutenu pour riposter sans entrave à la concurrence.

Cela passe par la Confiance retrouvée. Regagner la Confiance de nos clients. Restaurer la Confiance dans le management. Retrouver la Confiance entre les différentes catégories de salariés et de métiers. Récupérer la Confiance des investisseurs. Instaurer la Confiance entre AF et KLM.

AF-KLM et ses salariés ont besoin d’un patron qui ouvre les yeux et écoute. Qui, sans fard, exprime l’état des lieux. Qui fédère autour d’une vision pertinente. Qui tranche dans les choix à faire sans se préoccuper de son avenir personnel ou des errements corporatistes. Qui redonne l’espoir et la « niaque » à la Compagnie.

Tous nos sincères vœux de réussite !Sphre Russite

juin
05

 

Phénix

Les fondamentaux de la relation sociale sont d’afficher clairement des objectifs et d’en négocier la mise en œuvre. L’urgence pour Air France est donc de décider d’une stratégie claire, de se donner les moyens de cette ambition et de l’appliquer sans délai. Un conseil d’administration stratégique s’y consacrera fin juin.

La lecture du communiqué de grève des syndicats de pilotes montre principalement une incompréhension de la stratégie d’AF/KL face au risque de délocalisation de l’emploi, notamment au sein du groupe.

Les navigants appliquent, comme nous tous, des compétences sécurité des vols qui pourraient utilement servir dans la situation de crise sociale que nous traversons, ainsi :

  • Les connaissances basiques

Ce sont les clients et la concurrence qui dictent l’économique, ce n’est pas le social. À niveau de services équivalents, la croissance d’une compagnie aérienne n’est possible que si le prix du billet est compétitif avec celui de ses concurrents. C’est politiquement et au niveau mondial que l’on peut se plaindre de la concurrence déloyale.

Le transport aérien nécessite des moyens capitalistiques énormes qu’il faut pouvoir financer.

En Europe, la consolidation est loin d’être aussi aboutie qu’aux USA ou en Chine. Delta est au capital de Virgin, Gol, China Eastern, etc.

Dans tout commerce, quand on perd sur chaque vente, impossible de se rattraper sur le nombre ! Il n’y a donc de développement, que rentable.

L’histoire montre, que des secteurs entiers de l’économie française (sidérurgie, textile, mines) ont disparu dans l’indifférence générale, que des compagnies prestigieuses n’existent plus (TWA…) ou sont devenues l’ombre d’elles-mêmes (Alitalia). Air France n’est pas le nombril du Monde.

  • La gestion des priorités

Ensemble, nous nous battons à juste titre pour que l’Europe cesse de tolérer, voire d’encourager le dumping social. Nous luttons pour réduire le différentiel de compétitivité des emplois en France. Nous nous bagarrons pour qu’AdP cesse de nous saigner. Nous participons au combat contre la concurrence déloyale des compagnies du Golfe. Ces luttes légitimes ne doivent pas empêcher notre Compagnie de se réformer. Attendre que la compétition économique soit honnête pour s’engager à fond dans la bataille s’assimile à une réduction de vitesse de l’avion jusqu’au décrochage.

  • La conscience de la situation.

La conjoncture favorable actuelle a permis de faire passer les aiguilles de nos instruments dans le vert. Air France reprend de l’altitude et de la vitesse grâce aux efforts de tout l’équipage. Elle n’est donc plus en danger immédiat. Mais comme toute entreprise, elle n’est pas immortelle. Ses concurrents sont en meilleur santé, plus gros et s’adaptent sans relâche. Pendant que les conflits internes nous épuisent, l’écart de compétitivité avec IAG et Lufthansa ne se résorbe pas.

  • L’anticipation

Le transport aérien est une activité cyclique. Les conditions météo ne seront pas toujours aussi clémentes. Le pétrole ne restera pas éternellement bas. Et les aléas de toutes sortes sont notre lot. Dès la prochaine crise, peut-être dans quelques mois, les compagnies les plus fragiles disparaitront, ou seront soit reléguées, soit inféodées. Plus les mesures d’amélioration sont retardées, plus elles seront difficiles à prendre, douloureuses voire inutiles. Si Air France ne profite pas des ascendances actuelles pour emmagasiner de l’énergie, elle risque d’être en décrochage trop près du sol pour espérer s’en sortir à la prochaine turbulence sévère.

  • La décision d’une stratégie de conduite du vol

La mécanique du vol est la même pour toutes les compagnies. Les innovations stratégiques sont possibles mais rares et lentes. Essayons déjà de voler correctement en appliquant des tactiques éprouvées.

Dans chaque segment d’activité, il faut avoir des coûts inférieurs aux recettes pour être compétitifs et accroitre, de façon rentable, les parts de marché d’Air France.

Le transport aérien mondial est en cours de consolidation capitalistique. L’endettement d’Air France, trop élevé, ne lui permet pas d’y participer en tant que consolidateur. Sans correction rapide de sa trajectoire financière, il est probable que notre Compagnie ne sera plus à la table, mais au menu de nos concurrents ! L’assainissement du bilan financier a bien d’autres vertus. Il inspirera confiance aux financeurs qui permettront de faire les investissements massifs nécessaires au développement d’Air France. Il rendra notre Compagnie plus attractive et puissante pour des partenaires industriels qui nous apporteraient du capital tout en nous laissant le contrôle de la gouvernance.

La répartition stratégique de l’activité au sein de l’alliance Skyteam est fonction de notre crédibilité pour nos alliés, dont Delta. La question de la gouvernance au sein des joints ventures est forcément liée à l’utilité de notre Compagnie qui dépend directement de son réseau et de ses parts de marché.

Si elle n’atteint pas rapidement une taille conséquente, Transavia ne pourra jamais être la réponse d’Air France-KLM à la demande de la clientèle européenne.

  • Le travail en équipage

C’est une notion ancestrale de l’aéronautique que nous devrions raviver ! Solidarité et équité entre les métiers sont aussi essentielles que la confiance dans le management.

Que cesse la vrille de la relation conflictuelle entre pilotes et direction.

KLM ne peut continuer à faire cavalier seul et la répartition de l’activité entre AF et KLM doit être respectée.

  • La responsabilité, le leadership et la prise de décision

C’est le management qui a la responsabilité de la Compagnie, pas la corporation des pilotes. Les syndicats exercent les fonctions indispensables de monitoring, d’alerte, de défense et de proposition. La Direction doit respecter les engagements qu’elle signe. A l’instar de la sécurité d’un vol, quand la pérennité de la Compagnie est en jeu, le blocage ou l’immobilisme sont catastrophiques.

  • Sang-froid et bon sens

Quelles que soient les responsabilités de l’échec du dialogue social, laver notre linge sale en public a des impacts néfastes qui ne peuvent être ignorés. Nos clients, exaspérés, fuient dès les menaces de grève. Peu de nos concitoyens, englués dans leurs difficultés, s’apitoient sur notre sort qu’ils envient. L’état a d’autres chats à fouetter, manque d’argent et a peu de possibilité légale d’intervention. Notre allié KLM a beau jeu de nous caricaturer. La majorité des salariés de la compagnie qui travaillent de plus en plus, malheureusement sans une juste reconnaissance et avec des méthodes qui tardent à se rénover, sont las. De grèves en grèves, d’atermoiements stratégiques en iniquités flagrantes, le mécontentement enfle. Être le témoin impuissant des querelles irrationnelles direction/navigant et en faire les frais est intolérable. Ce dont a besoin Air France, c’est de fédérer les énergies et se réformer pour gagner contre la concurrence et ainsi protéger nos emplois et plus justement récompenser nos efforts.

Air France a d’énormes atouts, des personnels compétents, un réseau vaste, un savoir-faire historique et bénéficie d’une richesse culturelle et touristique nationale. Mais la motivation de son personnel à assurer le service dans un contexte de forte tension interne est mise à mal. Et l’intention de nos clients à « voler Air France » dans un contexte d’offres multiples et compétitives pourrait s’éroder dangereusement.

En aéronautique, il vaut mieux agir efficacement que compter sur la chance, dernier rempart contre les menaces lorsque toutes les barrières ont échoué. Ne gâchons pas notre avenir en le jouant au loto de la grève : que le discernement l’emporte et balaye le plan B de notre horizon !

fév
24

 

smiley félicitations

Pour la première fois depuis 8 ans, les résultats de la Compagnie sont bons. La performance, en amélioration continue, est cette fois nettement supérieure au budget. Pour un Chiffre d’Affaire (CA) de 16,5 milliards d’euros (mds€), le Résultat d’EXploitation (REX) atteint 462 millions d’euros (M€). La dette nette baisse de 1,1 mds€ ce qui est essentiel pour consolider la réputation financière d’AF-KLM. Le niveau des liquidités est satisfaisant. La part de marché résiste malgré la diminution de l’offre. Le bénéfice d’AF-KLM atteint 118 M€.

La marge opérationnelle d’AF (2,8 %) se rapproche de celle de KLM (3,9% avec un REX à 384 M€ pour un CA de 9,9 mds€). Ce rééquilibrage est le bienvenu. Il favorisera le rapprochement en apaisant les relations entre les deux compagnies du Groupe. L’histoire depuis 2004 montre que chacune a bénéficié de la fusion pourtant non pleinement consommée et pas toujours facile à vivre.

En conseil d’administration, Frédéric Gagey a remercié l’ensemble des salariés dont les efforts ont permis qu’Air France retrouve progressivement les moyens de ses ambitions.

Les excellents résultats d’AFI compensent la relative faiblesse du passage. Et la forte contribution du fret – rentabilité des 2 Boeings 777 cargo et centaines de M€ d’apport des soutes à l’activité long courrier – est plus justement reconnue. SERVAIR se porte bien. Son chiffre d’affaire est progressivement moins tributaire de son client principal Air France. Une ouverture de capital lui donnerait les moyens de se développer. Mais il faudra veiller impérativement à ce que cela se fasse au sein du Groupe Air France qui doit conserver la responsabilité de sa stratégie.

L’environnement économique et géopolitique n’a pas été si facile que cela en 2015. Et l’impact positif de la chute du kérosène, en partie absorbée par la dégradation du prix des billets et les couvertures carburant, n’explique donc pas tout.

Nous pouvons nous réjouir de ces résultats tout en ayant l’euphorie lucide !

Les incertitudes sur l’évolution du prix du carburant sont grandes. L’avantage d’un kérosène bon marché s’estompera à cause de la baisse tendancielle continue de la recette unitaire. Et nos principaux concurrents européens en profitent eux aussi. Ils font encore de meilleurs résultats que nous. Lufthansa (LH) devrait annoncer un REX voisin de 1800 M€ et IAG de 2200 M€ contre 816 M€ pour AF-KLM. La rentabilité d’AF-KLM se rapproche de celle de LH mais est environ moitié moindre que celle d’IAG.

De plus, IAG, LH et easyJet ne restent pas les bras croisés. Leurs plans de productivité sont redoutables. Elles restent mieux armées face un retournement de cycle dont seule la date est incertaine. La concurrence low cost sur un marché français, encore préservé, ne fera que s’intensifier. Et l’initiative de Norwegian qui ouvre des lignes entre CDG et les USA démontre que même sur le long courrier, la pression de ces compagnies va croître.

Il y a donc encore du pain sur la planche !Airplane Business Graph

Il faut tirer les leçons des crises passées : « C’est en été que l’on refait son toit ». Air France doit s’immuniser contre la prochaine crise cyclique et les aléas de toutes sortes. La rendre insubmersible sécurisera nos emplois de façon durable.

Air France doit se renforcer mais pas de n’importe quelle façon.

Mieux satisfaire nos clients et améliorer encore les fondamentaux économiques est nécessaire. Air France pourra ainsi poursuivre la reprise des investissements pour permettre une croissance rentable et vertueuse dans un marché en expansion. Elle retrouvera de ce fait ses capacités antérieures d’initiatives stratégiques dans les alliances et les fusions.

Air France peut devenir plus réactive et libérée en modernisant l’organisation du travail et en valorisant le Capital humain. Augmentant de la sorte son agilité à s’adapter aux aléas consubstantiels à nos métiers par ailleurs soumis à beaucoup de normes. Air France y arrivera avant tout si des décisions imposent une solidarité et un partage équitable des efforts de productivité entre toutes les catégories de personnel.

 Plusieurs chantiers sont devant la Compagnie. Ils seront motivants si la Direction sait associer les salariés y trouvant leur intérêt.

La rentabilité est proportionnelle à la performance opérationnelle. Le management et la motivation restent désormais les voies essentielles de gains de compétitivité. Jusqu’à présent, la valorisation du Capital humain des personnels a été largement laissée en jachère. Il y a une immense marge de progrès : empowerment, écoute des salariés, initiatives appliquées, responsabilisation, récompense des résultats d’équipe, efficacité plutôt que perfection, priorisation des projets, latitude et marges de manœuvre, innovation, test and learn, prise en compte des contraintes des managers opérationnels, suppression des irritants… Ce n’est pas d’un nième projet dont nous avons besoin mais d’une approche pragmatique radicalement différente pour aborder les problèmes ; Une nouvelle façon de travailler plutôt que de nouvelles procédures.Sphère Réussite

Il faut moderniser le management : davantage de proximité, d’exemplarité, de bienveillance et d’exigence.

Les intérêts des salariés (plaisir et fierté au travail) rejoindront ainsi ceux des clients et de la Compagnie.

Alexandre de Juniac a boosté l’attention aux clients. De grands progrès ont été faits grâce à l’engagement des salariés et aux investissements sur la qualité de l’offre commerciale. Il reste encore beaucoup à faire quand on compare le Net Promoter Score (% promoteurs – % détracteurs) égal à 21% pour AF contre près de 40% pour KLM. C’est essentiel pour contenir au mieux la baisse de la recette unitaire.

Une meilleure adaptation à la saisonnalité, décidée en concertation avec vos représentants, limiterait la sous-traitance. Celle-ci est parfois nécessaire mais son recours ne doit pas être dogmatique. Son abus peut s’avérer risqué pour la maîtrise opérationnelle, voire être très coûteuse.

smiley atterréLes bons résultats permettent de détendre les négociations. Les efforts à venir peuvent être raisonnables et progressifs. Pour les navigants, il faut veiller à ce qu’elles accouchent sans trop tarder d’un compromis équilibré qui augmente réellement leur productivité et non d’un ersatz d’accord. Les personnels Sol ne comprendraient pas qu’une catégorie joue la montre et s’exonère de la solidarité dans ce renouveau qui doit être porté collectivement. Ils tolèrent de moins en moins les leçons de vertu et les conseils alors que l’équité est bafouée. Ils n’admettront pas une nouvelle grève suicidaire. Le sol a fait largement sa part. Rappelons les résultats du benchmark fait par SECAFI pour le CCE début 2015 :

Capture Benchmark SECAFI 12-2014 part1Capture Benchmark SECAFI 12-2014 part 2Les tableaux ci-dessus représentent l’écart en % et en M€ (fourchette basse et haute des études) vis-à-vis des compagnies concurrentes dans une approche fonction par fonction. Les chiffres datent de 2013. Depuis de notables améliorations de productivité on réduit les écarts pour le PNC, le Hub et les escales Point à Point.

Cette année, la somme consacrée à l’intéressement est substantielle (63 M€). Après tant d’années de sacrifice, c’est une juste et appréciable récompense pour les efforts consentis. Il faut désormais une relance de réelles perspectives de carrière pour l’encadrement.

Il manque toujours la visibilité sur ce que seront la Compagnie et Air France-KLM dans 5 ans. Nous, salariés attendons cette vision partagée pour pouvoir nous mobiliser dans les projets de changements. Oser fait partie des valeurs du projet d’entreprise. Que nos Dirigeants osent parler vrai. Cette clarification redonnerait confiance. N’y-a-t-il pas trop de marques dans le Groupe ? Quelles réponses à la demande des clients court et moyen-courrier en France et en Europe d’avoir le meilleur prix pour des prestations opérationnelles et commerciales fiables ?

Transavia représente un segment d’offre à développer en France (y compris en province) et en Europe. Pour ne pas recommencer le fiasco des bases province, il est indispensable que ses charges diminuent et que les accords pilotes soient revus. À défaut, la croissance risque de se faire à KLM. Pour l’instant, avec 56 avions, Transavia ne joue pas dans la même division qu’easyJet (241 a/c) et RYANAIR (321 a/c). Des investissements rentables sont donc indispensables.

Air France a consommé plusieurs milliards d’euros de ressources financières entre 2008 et 2015. Elle doit se recapitaliser avant fin juin et n’a plus beaucoup d’actifs à vendre. Dans ce processus, la remontée du cours de l’action est bienvenue et l’implication de l’État nécessaire. La bonne tendance actuelle devrait permettre de retrouver la confiance des investisseurs et des prêteurs. Le renforcement de la structure financière d’Air France serait une bonne occasion pour que les salariés remontent au capital à un niveau comparable à ce que les pilotes de KLM auraient obtenu (4,5%).Optimismus

Enfin, l’État devra impérativement accompagner Air France dans ce chemin ambitieux en appliquant les mesures du rapport Le Roux.

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