Posts from ‘Management’

mai
28

 

Envol

Quel Immense gâchis ! Ces dernières années, Air France est devenue ingouvernable. L’instabilité sociale – auto destruction chronique – profite à nos concurrents, inquiète nos partenaires et surtout lasse nos clients et l’opinion publique.

Beaucoup de compétences et d’enthousiasme sont perdus en énergie négative.

Nous avons ce que nous méritons mais Air France mérite mieux que cela !

L’important est maintenant de dépasser la sidération ou l’écœurement en tirant les enseignements du bouleversement actuel pour qu’Air France rebondisse. Cette catharsis doit être faite le plus vite possible pour pouvoir valoriser le réel potentiel de la Compagnie. Nous avons une capacité hors norme à nous sortir collectivement des crises. Sachons poursuivre le spectaculaire redressement de compétitivité de 2017 en nous appuyant sur nos points forts. L’intelligence collective et la motivation des salariés ne demandent qu’à s’exprimer davantage.

De nombreux besoins existent qu’il faut enfin traiter dans le fond :

Besoin de lucidité partagée sur la réalité et les enjeux.

Besoin de faire un audit social en profondeur. Après le véritable crash social actuel, la compagnie doit avoir le courage de faire un audit social externe comme elle l’a fait en matière de sécurité des vols après le drame de l’AF 447. Le sentiment de faire sans fin des efforts, les doutes sur l’avenir et un besoin de changement d’ambiance générale et de reconnaissance ont engendré des incompréhensions, des insatisfactions voire de forts mécontentements. Pour traiter les causes du malaise avec des actions concrètes, le ressenti des salariés, exprimé lors de la consultation, doit être entendu.

Besoin de relations sociales apaisées et stabilisées : dialogue social respectueux, loyal, non dogmatique ; clarification et respect des accords négociés avec les syndicats réformistes ; mise en place de mécanismes de médiation aux conflits et usage de formes alternatives à la grève, efficaces sans se mettre à dos nos clients.

Besoin de retrouver un collectif de travail. A l’instar d’une équipe sportive qui remonte au classement, on peut se réjouir et se féliciter du redressement – succès collectif – d’Air France, tout en restant engagé dans la compétition commerciale. Savoir célébrer les évènements est bon pour le moral. Renouer avec des « rituels » est nécessaire à la cohésion sociale.

Besoin d’éthique : pas d’intentions ou d’incantations mais une incarnation exemplaire de valeurs en cohérence avec « le terrain ».

Besoin d’amplifier la modernisation du management. D’abord en respectant les besoins de base : la justice, la reconnaissance, la simplification des organisations et du fonctionnement, davantage de cohésion, d’équité et de confiance entre métiers, la liberté d’initiative et d’expression et l’éradication des irritants du quotidien.

Besoin de rester heureux et fiers de travailler à Air France et de mesurer cette chance.

Besoin de revivre une lune de miel avec KLM dont je salue l’affirmation claire et courageuse de son dirigeant Pieter Elbers quant aux bénéfices mutuels d’une alliance AF-KLM solidaire et pérenne.

Besoin d’évolutions positives : restreindre le nombre de projets et faire en sorte que les changements soient aussi porteurs d’avancées pour nos conditions de travail et d’opportunités de carrière.

Besoin de s’émanciper à terme de la tutelle de l’État et d’obtenir de celui-ci une baisse du fardeau de certaines charges fiscales et sociales.

Besoin de la seule stratégie qui vaille : celle qui répond aux attentes de nos clients. Une stratégie qui anticipe et s’adapte aux évolutions rapides de la toile de fond du transport aérien. Un plan de vol qui tienne compte de l’émergence du low cost long courrier, du self-connecting, de la convergence en Europe du modèle que propose Transavia à qui on devrait permettre de croître sur notre marché naturel intra-européen.

Besoin d’un PDG qui puisse, dans la durée, appliquer sa stratégie rapidement et complètement. Un leader dont la bienveillance, l’exigence et le charisme sachent faire adhérer les salariés à une dynamique de croissance prospère qui permettra de préserver nos emplois et notre modèle social. Un patron qui connaisse le transport aérien afin d’être tout de suite opérationnel.

 

Air France est assise sur un tas d’or

qui ne demande qu’à être valorisé dans l’intérêt général.

 

oct
08

 

Rayons de soleil à travers les nuages.

« Le sentiment de nos forces les augmente » Marquis de Vauvenargues

 L’actualité redonne de l’espoir. Et l’espoir c’est fondamental. Quantité de bonnes nouvelles sont arrivées récemment :

  • La création de Joon qui peut permettre de rentabiliser des lignes déficitaires grâce à des coûts adaptés sans fragiliser le modèle de hub. Joon doit être une compagnie laboratoire d’innovations commerciales.
  • L’entrée de Delta et de China Eastern (10% chacune) au capital d’AF-KLM apporte des financements bienvenus. Ces 750 M€ serviront à rembourser la dette et investir dans Virgin. Cela cimente la vitale Joint Venture transatlantique ainsi plus robuste. L’actionnariat s’en trouve stabilisé avec de véritables partenaires industriels. Cette contribution capitalistique prouve que les efforts de la Compagnie et de ses salariés ont permis de gagner l’estime et la confiance de nos alliés chinois et américains. Espérons aussi que cela recadre l’opposition anachronique des détracteurs néerlandais de l’union avec Air France. D’ailleurs, il faudra un jour chiffrer les énormes gains que KLM et Air France ont tiré de cette union ; KLM encore plus qu’Air France. Il serait bon d’exposer les conséquences d’un divorce par ailleurs quasi impossible pour en finir avec ces inepties.
  • schalterLes excellents résultats semestriels d’AF-KLM qui sont supérieurs aux prévisions internes et à celles des analystes (+ 135 M€ de REX à 353 M€). Cette amélioration économique est bien sûr portée par la bonne conjoncture dont Air France peut capter les bénéfices grâce aux réformes entreprises pendant des années. La performance du Cargo cesse de se dégrader. L’Industriel résiste bien à la concurrence. Le Résultat d’EXploitation de Transavia explose et est en avance sur son business plan. Malgré un retard sur l’objectif de réduction des couts unitaires, talon d’Achille de la Compagnie, on constate une très nette amélioration économique d’AF et de sa situation financière. La progression de l’action est une reconnaissance du recouvrement de la santé de notre Compagnie.
  • La conclusion d’un accord avec le SNPL après des mois de conflit larvé.
  • La signature, à l’unanimité des syndicats représentatifs, de l’accord qui pérennise les conditions contractuelles de travail des PNC d’Air France.
  • Les déboires de Ryanair qui, s’ils ne sonnent pas le glas de ce concurrent déloyal, entament nettement sa crédibilité.
  • L’annonce d’Assises du Transport Aérien Français qui, sous réserve que l’Etat adopte enfin une stratégie ambitieuse pour notre activité, donne l’espoir d’un allégement des taxes et redevances qui handicapent Air France.

personnage et nuage de mots succès

« L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre. »  Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince

 Bien sûr, à toute médaille son revers !

D’aucuns critiqueront les clauses de l’accord pilotes qui risquent d’obérer l’avenir, le sacrifice d’une B-Scale pour les PNC, le risque de perte d’indépendance, l’incertitude du succès commercial et économique de Joon. Ces craintes sont fondées. Les changements inquiètent en raison de leurs éventuelles conséquences néfastes.

Mais préfèrerions-nous l’immobilisme défensif face à des concurrents qui font évoluer leur modèle en tirant le transport aérien européen vers le low cost à la façon easyJet ? Ou l’arrivée d’une compagnie du Golfe au capital de notre compagnie ? Ou l’abandon de notre modèle social ? Air France ne doit pas être en retard sur son avenir !CHAN(GC)E  :-)

Cet été avait une odeur de succès que nous n’avions pas humé depuis fort longtemps. Tout cela fait sens, sécurise le présent et ouvre des perspectives. Avoir des projets enfin offensifs, revenir dans le concert des compagnies leaders mondiales, nous sort de la morosité ambiante.

Cela n’exonère pas la Compagnie d’être agile, vigilante, pour affiner et adapter sa stratégie et veiller à ne pas sacrifier le long terme aux victoires d’un jour. Rien est définitivement gagné ni acquis.

I can do it

 

« Dans le passé, il y avait plus d’avenir que maintenant » Philippe Geluk

 Étonnement, la satisfaction des salariés n’est pas au rendez-vous de l’embellie d’Air France. L’ambiance reste assez plombée ; Les interrogations présentes. Beaucoup trop, quel que soit leur âge et leur niveau hiérarchique, sont désabusés par les incertitudes et les changements des dernières années. Nos bonnes conditions de travail ont tendance à se détériorer : fatigue des transports, charge de travail en constante augmentation, salaires en dessous de ceux du marché, avantages s’amenuisant comme les GP régulièrement menacés. La façon de travailler englue : outils digitaux parfois capricieux, pesanteur du reporting, prises de décision lentes, manque de reconnaissance et de soutien, faibles perspectives de carrière. La compagnie n’entend pas cette réalité. Elle n’y répond pas suffisamment. Tenir mieux compte du moral des troupes serait favorable à la totale réussite de notre Compagnie, à notre portée.

« Les chefs doivent tout rapporter à ce principe : ceux qu’ils gouvernent doivent être aussi heureux que possible » Cicéron

 Pourtant, l’Humain n’est pas un coût mais la première richesse d’Air France qu’il faut valoriser.

Pour transformer l’essai de cet été radieux, il est nécessaire de mettre l’Humain (après la sécurité des vols) au cœur de la Compagnie. Je défends cela depuis toujours au sein des différents Conseils d’Administration.

Le potentiel du capital humain (héritage de l’expertise des anciens salariés, connaissances, réflexion, travail collaboratif, savoir-faire et être, expérience, créativité, engagement, sentiment d’appartenance…) doit davantage s’exprimer.smiley

En appréciant, avec lucidité, les bons côtés de notre Compagnie et en s’appuyant sur ses atouts, il nous faut résoudre avec discernement les dysfonctionnements. Ils gaspillent notre énergie. Ils nous usent. Il est important de progresser résolument sur les aspects concrets du management : éradication des irritants, empowerment, télétravail, écoute des salariés, responsabilisation, autonomie, reconnaissance, etc. Simplifions notre façon de travailler. Cessons d’aller parfois dans le mauvais sens avec des projets inadéquates ou trop sophistiqués.

Le travail de restauration de la confiance et l’équité sont primordiaux.

Ces efforts de fond renforceront notre efficacité professionnelle individuelle et collective donc amélioreront la compétitivité d’Air France.

Les salariés devraient être associés au retour à bonne fortune d’Air France KLM. L’entreprise doit leur accorder des facilités d’entrer de nouveau équitablement au capital d’Air France-KLM. Je réclame depuis des années ce projet d’actionnariat salarié.

nov
25

 

Silhouettes message osez

1826 suppressions de postes au sol ont été annoncées. Ce nouveau PDV concernera principalement les secteurs en forte mutation, cargo et activité point à point. Malgré un périmètre de solidarité, des domaines entiers comme la DGI et la DGSI ou des fonctions (e.g. cadres RH) en seront exclus. Devant les difficultés des bassins d’emplois touchés, les mesures d’incitation seront largement dopées. Le futur plan coûtera d’ailleurs nettement plus cher, par salarié partant, que le précédent PDV. Des actions en faveur des reconversions, de la mobilité et de l’accompagnement managérial ont été présentées en Conseil. Les modalités d’un PDV pour les PNT et les PNC ne sont pas encore connues. Avec les départs naturels, au terme des 3 plans, ce seront environ 13 100 postes qui auront été supprimés en seulement 4 années.

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fév
12

 

Innovation

J’entends souvent les deux réflexions désabusées suivantes :

  1. Alors, avant l’arrivée de TransForm, nous ne faisions donc rien de bien ?
  2. Comment réussir en quelques mois ce que l’on n’a pas fait depuis des années avec encore les mêmes Dirigeants et la même culture ?

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fév
12

 

Le PDV, exemplaire au niveau de ses conditions sociales, est en bonne voie pour atteindre ses objectifs avec cependant des disparités de taux d’avancement en fonction des entités. En province, en particulier, les volontaires ne sont pas assez nombreux par rapport à la baisse d’activité. Il sera donc important de développer le transfert de charges vers les bassins d’emploi concernés pour éviter les sureffectifs le temps que les départs naturels permettent un ajustement des moyens.

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