Posts from ‘Changement’

oct
08

 

Rayons de soleil à travers les nuages.

« Le sentiment de nos forces les augmente » Marquis de Vauvenargues

 L’actualité redonne de l’espoir. Et l’espoir c’est fondamental. Quantité de bonnes nouvelles sont arrivées récemment :

  • La création de Joon qui peut permettre de rentabiliser des lignes déficitaires grâce à des coûts adaptés sans fragiliser le modèle de hub. Joon doit être une compagnie laboratoire d’innovations commerciales.
  • L’entrée de Delta et de China Eastern (10% chacune) au capital d’AF-KLM apporte des financements bienvenus. Ces 750 M€ serviront à rembourser la dette et investir dans Virgin. Cela cimente la vitale Joint Venture transatlantique ainsi plus robuste. L’actionnariat s’en trouve stabilisé avec de véritables partenaires industriels. Cette contribution capitalistique prouve que les efforts de la Compagnie et de ses salariés ont permis de gagner l’estime et la confiance de nos alliés chinois et américains. Espérons aussi que cela recadre l’opposition anachronique des détracteurs néerlandais de l’union avec Air France. D’ailleurs, il faudra un jour chiffrer les énormes gains que KLM et Air France ont tiré de cette union ; KLM encore plus qu’Air France. Il serait bon d’exposer les conséquences d’un divorce par ailleurs quasi impossible pour en finir avec ces inepties.
  • schalterLes excellents résultats semestriels d’AF-KLM qui sont supérieurs aux prévisions internes et à celles des analystes (+ 135 M€ de REX à 353 M€). Cette amélioration économique est bien sûr portée par la bonne conjoncture dont Air France peut capter les bénéfices grâce aux réformes entreprises pendant des années. La performance du Cargo cesse de se dégrader. L’Industriel résiste bien à la concurrence. Le Résultat d’EXploitation de Transavia explose et est en avance sur son business plan. Malgré un retard sur l’objectif de réduction des couts unitaires, talon d’Achille de la Compagnie, on constate une très nette amélioration économique d’AF et de sa situation financière. La progression de l’action est une reconnaissance du recouvrement de la santé de notre Compagnie.
  • La conclusion d’un accord avec le SNPL après des mois de conflit larvé.
  • La signature, à l’unanimité des syndicats représentatifs, de l’accord qui pérennise les conditions contractuelles de travail des PNC d’Air France.
  • Les déboires de Ryanair qui, s’ils ne sonnent pas le glas de ce concurrent déloyal, entament nettement sa crédibilité.
  • L’annonce d’Assises du Transport Aérien Français qui, sous réserve que l’Etat adopte enfin une stratégie ambitieuse pour notre activité, donne l’espoir d’un allégement des taxes et redevances qui handicapent Air France.

personnage et nuage de mots succès

« L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre. »  Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince

 Bien sûr, à toute médaille son revers !

D’aucuns critiqueront les clauses de l’accord pilotes qui risquent d’obérer l’avenir, le sacrifice d’une B-Scale pour les PNC, le risque de perte d’indépendance, l’incertitude du succès commercial et économique de Joon. Ces craintes sont fondées. Les changements inquiètent en raison de leurs éventuelles conséquences néfastes.

Mais préfèrerions-nous l’immobilisme défensif face à des concurrents qui font évoluer leur modèle en tirant le transport aérien européen vers le low cost à la façon easyJet ? Ou l’arrivée d’une compagnie du Golfe au capital de notre compagnie ? Ou l’abandon de notre modèle social ? Air France ne doit pas être en retard sur son avenir !CHAN(GC)E  :-)

Cet été avait une odeur de succès que nous n’avions pas humé depuis fort longtemps. Tout cela fait sens, sécurise le présent et ouvre des perspectives. Avoir des projets enfin offensifs, revenir dans le concert des compagnies leaders mondiales, nous sort de la morosité ambiante.

Cela n’exonère pas la Compagnie d’être agile, vigilante, pour affiner et adapter sa stratégie et veiller à ne pas sacrifier le long terme aux victoires d’un jour. Rien est définitivement gagné ni acquis.

I can do it

 

« Dans le passé, il y avait plus d’avenir que maintenant » Philippe Geluk

 Étonnement, la satisfaction des salariés n’est pas au rendez-vous de l’embellie d’Air France. L’ambiance reste assez plombée ; Les interrogations présentes. Beaucoup trop, quel que soit leur âge et leur niveau hiérarchique, sont désabusés par les incertitudes et les changements des dernières années. Nos bonnes conditions de travail ont tendance à se détériorer : fatigue des transports, charge de travail en constante augmentation, salaires en dessous de ceux du marché, avantages s’amenuisant comme les GP régulièrement menacés. La façon de travailler englue : outils digitaux parfois capricieux, pesanteur du reporting, prises de décision lentes, manque de reconnaissance et de soutien, faibles perspectives de carrière. La compagnie n’entend pas cette réalité. Elle n’y répond pas suffisamment. Tenir mieux compte du moral des troupes serait favorable à la totale réussite de notre Compagnie, à notre portée.

« Les chefs doivent tout rapporter à ce principe : ceux qu’ils gouvernent doivent être aussi heureux que possible » Cicéron

 Pourtant, l’Humain n’est pas un coût mais la première richesse d’Air France qu’il faut valoriser.

Pour transformer l’essai de cet été radieux, il est nécessaire de mettre l’Humain (après la sécurité des vols) au cœur de la Compagnie. Je défends cela depuis toujours au sein des différents Conseils d’Administration.

Le potentiel du capital humain (héritage de l’expertise des anciens salariés, connaissances, réflexion, travail collaboratif, savoir-faire et être, expérience, créativité, engagement, sentiment d’appartenance…) doit davantage s’exprimer.smiley

En appréciant, avec lucidité, les bons côtés de notre Compagnie et en s’appuyant sur ses atouts, il nous faut résoudre avec discernement les dysfonctionnements. Ils gaspillent notre énergie. Ils nous usent. Il est important de progresser résolument sur les aspects concrets du management : éradication des irritants, empowerment, télétravail, écoute des salariés, responsabilisation, autonomie, reconnaissance, etc. Simplifions notre façon de travailler. Cessons d’aller parfois dans le mauvais sens avec des projets inadéquates ou trop sophistiqués.

Le travail de restauration de la confiance et l’équité sont primordiaux.

Ces efforts de fond renforceront notre efficacité professionnelle individuelle et collective donc amélioreront la compétitivité d’Air France.

Les salariés devraient être associés au retour à bonne fortune d’Air France KLM. L’entreprise doit leur accorder des facilités d’entrer de nouveau équitablement au capital d’Air France-KLM. Je réclame depuis des années ce projet d’actionnariat salarié.

mai
05

 

Confiance

Hier s’est tenu un Conseil d’Administration frustrant. Air France est une caricature des bons et des mauvais côtés de la France.

Côtés positifs, les résultats du premier trimestre sont encourageants. Le chantier Perf’Ops est en marche et Trust Together avance. Le projet expérimental Boost, en matière de positionnements marché, marketing, digitalisation et innovation fait sens. De nombreuses initiatives de groupes de salariés modernisent nos pratiques, améliorent la qualité de service et la compétitivité de la Compagnie.

Côté négatifs, Boost reste conditionné à un aléatoire accord avec les syndicats de pilotes. Les réformes structurelles sont trop modestes et lentes face aux efforts de nos concurrentes et aux désirs des clients.

 Par ailleurs, il faut qu’AF et KLM coopèrent plus harmonieusement. Air France a besoin de KLM mais la réciproque est tout aussi vraie ! Il est nécessaire d’augmenter notre compétitivité pour rééquilibrer le développement de l’activité entre les deux compagnies. Il faudra un jour trouver un partenaire industriel qui renforce notre capital pour soutenir nos ambitions. La réponse à l’émergence des low costs long-courrier reste à traiter. Nous devons intensifier nos efforts sur la satisfaction client et la performance opérationnelle en maintenant un haut niveau de sécurité des vols.

Les immenses atouts de notre Compagnie attendent toujours de s’exprimer pleinement dans un marché où nos concurrentes sont, soit en marche quand, comme Lufthansa, elles adaptent leur modèle, soit agonisent comme Alitalia.

 L’heure reste donc grave, ne nous décevez pas :

  • Dirigeants d’Air France, décidez afin que la Compagnie avance résolument.
  • Syndicalistes PN, soyez raisonnables, ne nous entrainez pas dans un suicide collectif.

Chacun entendez, avec respect et sérénité, l’exaspération d’une majorité de salariés de tous les métiers et de l’encadrement qui usent leur motivation dans l’attente du dénouement de négociations à l’issue sans cesse repoussée.

Nous sommes indignés que, malgré un engagement intense du management, notre énergie, nos réels efforts et nos compétences sont dévalorisés dans une entreprise « ingouvernable ».smiley-atterre

Nous n’acceptons plus de rester englués dans les tentatives de solutions stériles d’un dialogue social catégoriel qui nous entraine inéluctablement vers une casse économique et sociale.

Écoutez et répondez à l’attente des salariés, usés et désabusés par le spectacle affligeant de notre impuissance collective.

Sachez mettre vos egos dans vos poches et dépasser vos rancœurs et récriminations. Ce n’est pas de clivages inter catégoriels fratricides, d’accusations réciproques et de « têtes coupées » dont nous avons besoin mais de confiance et de cohésion pour se battre ensemble contre nos concurrentes.

Que la Direction exerce son pouvoir en appliquant une stratégie avalisée par le conseil d’administration afin de répondre complétement et sans plus tarder aux immenses opportunités du marché. Qu’elle modernise réellement la culture managériale et nos façons de travailler. Qu’elle donne plus de pouvoir d’initiative et d’action aux salariés. Qu’elle réaffirme des valeurs d’entreprise qui recueillent notre adhésion.

Que tous les syndicats considèrent la réalité en face, soient force de proposition, négocient des compromis pour pérenniser nos emplois et protéger au mieux nos conditions de travail.Think Big

Œuvrons au succès d’Air France en évoluant grâce à une démarche apaisée, réellement collaborative qui profite de l’intelligence collective des salariés, de la direction et des syndicats réformistes.

Laissez-nous croire et espérer dans un avenir meilleur !

Nous voulons rester fiers et enthousiastes de travailler à Air France !

sept
08

 

777-au-decollage

« Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir. » Jean Jaurès

 

Monsieur Le Président, votre arrivée a été discrète. Vous avez pris le temps de vous faire votre opinion. Les grèves de l’été vous ont vite mis dans le bain ! Votre souci d’apaisement est bien perçu. Le besoin d’un recours au Boston Consulting Group pour accompagner la démarche « Trust Together » a beaucoup surpris tant le diagnostic est connu et la stratégie contrainte. Mais si cela vous permet d’avoir un état des lieux impartial et en prise plus directe avec l’avis de l’encadrement, c’est une bonne chose.

Des PDG, nous en avons vu beaucoup, dont certains n’ont fait que passer. L’encadrement attend donc avec circonspection mais espoir que vous gouverniez Air France – KLM en remettant les choses enfin dans le bon ordre. C’est à dire : analyse de la concurrence et du marché, constat partagé de la situation de la Compagnie, exposé d’une vision pour AF-KLM, choix d’un plan stratégique, collaboration avec les salariés et dialogue avec les syndicats pour sa mise en œuvre complète et rapide.

Votre calendrier est contraint. L’embellie de la Holding est fragile. Au moindre retournement de conjoncture, les comptes se dégraderont rapidement. Or, l’expérience montre que les ennuis reviennent inéluctablement à fréquence régulière. On peut même se demander si une nouvelle crise n’est pas déjà là. En effet, la surcapacité de l’offre et la chute d’attractivité touristique de la France entrainent un recul du trafic et une dégradation de la recette unitaire absorbant l’effet positif de la baisse du carburant. Dans l’idéal il faudrait une vision claire en novembre pour que soit décidée la stratégie avant fin 2016. Mais vitesse ne veut pas dire précipitation, il faut du temps pour restaurer la confiance interne, convaincre et faire adhérer les salariés.

Monsieur le Président, les salariés attendent de vous une vision et une stratégie pour leur Compagnie :Concept key cheap flying.

Faire un constat partagé de la situation

Le préalable à toute mobilisation est de faire un constat partagé. L’autocensure règne depuis trop longtemps. On peut être lucide sur la situation, les risques et les enjeux et en tirer une motivation pour se battre et gagner. AF n’a pas besoin d’un nième benchmark, mais de discernement.

Le climat social est dégradé comme jamais : morosité, désenchantement, envie de partir, démotivation devant le sentiment d’éternel recommencement, d’efforts vains, d’injustice, de manque de reconnaissance. Les femmes et les hommes d’AF ne supportent plus « d’être utilisés ». Ils endurent les incohérences entre les discours, les paroles et les actes. Cela dépasse l’exaspération, c’est une usure qui se manifeste à tous les niveaux de la Compagnie. Beaucoup de salariés n’espèrent plus rien, de personne ! Ils sont las du gâchis actuel et du manque d’avenir. Le fragile édifice humain ne tient, mais pour combien de temps, que grâce aux relations humaines encore amicales entre collègues et à leur passion partagée de l’aéronautique.

Il ne faut pas faire l’autruche en s’illusionnant sur le rang de la Compagnie. Notre part de marché s’érode. TransForm a permis de rester dans le peloton mais AF-KLM stagne en queue de celui-ci car nos concurrentes font rapidement des réformes structurelles. Tous les gains de productivité sont absorbés par la baisse des tarifs. AF-KLM n’est plus leader. Et en plus, elle est un challenger menacé sur pratiquement tous ses segments et activités. Pour le long courrier, la concurrence des compagnies du Golfe et l’émergence du low cost risquent de porter atteinte à nos hubs. Pour le réseau domestique et européen, le TGV, Easy Jet, Ryannair, et autres Vueling fragilisent une position encore enviable.

Le mur d’investissements à venir et l’épuisement des réserves rendent très fragile le redressement indubitable actuel.

Enfin, c’est un leurre de croire que l’actionnariat de l’État protège la Compagnie !

Définir une vision

Que vous affirmiez clairement une vision combative, crédible, faisable, enthousiasmante pour AF-KLM est une attente cruciale. Cela donnera du sens aux efforts de chacun. Ce but ne doit pas être économique. On ne se mobilise pas sur un résultat d’exploitation mais sur un « idéal » de notre Compagnie.

Décider d’une stratégie et agir

Le besoin est vital de prendre les décisions stratégiques structurelles de fond et de les appliquer. Ceci pour éviter de rentrer dans la spirale des non-choix, des décisions contraintes qui se révèleront mauvaises et ne feront qu’amplifier la relégation. Il faut donc « trancher », passer de l’imprécation à l’action.

Dans la stratégie

Personne ne peut ignorer que le modèle du réseau Moyen – Court Courrier européen converge vers ceux d’Easy Jet et de Ryannair. Il serait dommage de regarder passer la croissance de ce marché et en particulier celui province <-> Europe sans y participer pleinement. Ne faudrait-il pas soutenir HOP-AF et développer au maximum Transavia y compris dans le créneau Affaire/Loisirs ? Et réduire le nombre de marques ?

Pourquoi ne pas s’inspirer de Renault/Nissan/Dacia pour constituer plusieurs entités industrielles complémentaires dans la Holding ?

Pour rester un partenaire crédible et convoité dans nos accords et JV, il est important de retrouver la performance permettant de développer notre réseau.

AF-KLM doit pouvoir participer à la consolidation européenne, loin d’être achevée, et réfléchir à la reprise de la croissance externe par exemple avec Air Europa ou Virgin.

Pour le long courrier, osons tester du « low cost » loisirs comme le fait Lufthansa. AF devrait se permettre de réfléchir à toutes les options d’alimentation de CDG. Car il faut anticiper les menaces de partenariat entre une concurrente et une low cost européenne.

Monsieur le Président, poursuivez vos actions pour que l’État cesse de ponctionner les gains de productivité interne, fruits des sacrifices des salariés. Obtenons des État Généraux du transport aérien avec pour objectif un plan Marshall qui restaure la compétitivité externe. Intensifiez le lobbying à Bruxelles.

Pour la performance de base

Donnez des moyens au projet Perf’Ops car la performance opérationnelle est vitale pour l’avenir du Hub. Elle a aussi des impacts sur la sécurité de vols et les résultats économiques. Le respect du contrat commercial de base (sécurité, ponctualité, service, bagages…) est primordial pour fidéliser nos clients. Beaucoup de salariés espèrent que Perf’Ops atténuera les irritants quotidiens et qu’enfin notre fonctionnement sera simplifié. L’agilité réclame moins de règles rigides et de procédures souvent inadaptées. Pourquoi l’exploitation AF n’arriverait-elle pas à faire des demi-tours avions en escale aussi brefs que ceux de la concurrence low cost ?

Dans l’organisation

Avec autonomie mais pas indépendance, il est crucial d’articuler les organisations d’AF et de KLM vers plus d’intégration. Aujourd’hui, la dysharmonie, qu’il est tabou d’exprimer, conduit de part et d’autre à des velléités de séparation qui serait catastrophique. Pour garder une taille critique, pour profiter de synergies et des atouts des deux groupes, il faut une gouvernance de la holding qui soit forte ; qui puisse assurer une meilleure cohésion et une répartition équilibrée de l’activité entre AF et KLM.

Libérez notre organisation en silos, faite de strates accumulées, pour redonner de la responsabilité, de l’autonomie et de la créativité. Beaucoup attendent une réforme de l’organisation actuelle éclatée en Business Units. Nous avons besoin de cohérence et de souplesse en particulier au hub.

Enfin, sans déstabiliser le management, l’accueil de sang neuf dans le haut management est nécessaire.

Faire partager l’espoir

Depuis des années s’est ancré dans nos quotidiens professionnels le fait que le changement n’a que des impacts négatifs. Il est temps de positiver les réformes en développant leur partie « gain ». Par une révolution de notre façon de travailler plus efficacement et agréablement (télétravail encouragé, pas d’open space dogmatiquement imposés…).

L’espoir que nos efforts nous donnent un avenir meilleur a besoin de se concrétiser. Principalement par la reconduction de la garantie de l’emploi.

Il faut plus de cohésion inter catégorielle. Cela ne se décrète pas. Cela sera le fruit d’une réelle équité et solidarité dans les efforts faits par chaque corporation, que vous saurez défendre.

Dynamiser le capital humain

AccountabilityLes réformes structurelles à venir peuvent être faites en respectant les salariés.

Face aux initiatives, on en entend encore trop souvent : « on a déjà essayé » ; « c’est trop tard » ; « ce n’est pas possible ». AF a besoin d’un management bienveillant et exigeant qui responsabilise, donne du pouvoir et encourage l’expression. Les discours qui ne se transforment pas en acte et les pratiques qui sont parfois en totale contradiction avec les annonces sont catastrophiques pour le moral.

Au fil des plans d’économie, les rituels (convention, remise de médailles, pots de départ, etc.) ont quasiment disparu. Il faudrait recréer du lien social et renforcer la fierté de travailler à Air France.

Last but not least, les salariés sont écœurés du peu de retour salarial de leurs efforts. Le niveau des rémunérations de l’encadrement est nettement inférieur à celui du marché. La reconnaissance financière des mérites et un programme ambitieux d’actionnariat salarié sont indispensables.

Moderniser le dialogue social

Les grèves laissent exsangue la compagnie et attisent l’ire de nos clients et de nos concitoyens. Instaurons une nouvelle régulation sociale paritaire qui évite les luttes d’ego sur des questions de principe. Un comité paritaire de « sages » pourrait gérer en amont les « dispute ». Et les partenaires sociaux devraient s’engager au respect mutuel des accords signés.

La confrontation des idées et la défense des salariés sont indispensables. Soutenez les syndicats progressistes d’Air France et de KLM. Il n’est pas normal que la prime aux conflits irrationnels et absurdes soit le gel des efforts pour ceux qui abusent du rapport de force. La trêve doit bénéficier à tous les personnels.

Monsieur le Président, mettez en place un dialogue collaboratif avec les salariés, qui ne sombre ni dans l’instrumentalisation ni dans la démocratie participative.

L’État ne doit pas interférer dans le dialogue social

Confiance dans l’avenirLa confiance

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. » Winston Churchill

L’alternative devant laquelle se trouve AF-KLM dont vous êtes désormais le pilote est simple :

  • se résigner à un déclin inéluctable plus ou moins lent en continuant à tergiverser et à s’enferrer dans des conflits abscons qui rendent la Compagnie ingouvernable.
  • prendre à bras le corps l’avenir, faire des choix répondant à une vision et s’accorder avec les syndicats pour gérer au mieux de réelles transformations structurelles. Abandonner définitivement le plan B en relançant une dynamique offensive de croissance rentable, vertueuse pour notre compétitivité et nos coûts. Vanter davantage les réussites et s’appuyer sur tous les progrès déjà réalisés.

Air France a progressé. Dans l’adversité les personnels ont toujours su réagir collectivement de façon efficace. Il faudrait savoir dépasser l’amertume du gâchis actuel qui nous fait passer à côté d’un marché en pleine croissance. C’est une question d’avenir soutenable. Air France peut être sauvée en se basant sur ses immenses atouts dont la qualité de son service.

L’encadrement d’Air France n’attend que d’avoir les armes et d’être soutenu pour riposter sans entrave à la concurrence.

Cela passe par la Confiance retrouvée. Regagner la Confiance de nos clients. Restaurer la Confiance dans le management. Retrouver la Confiance entre les différentes catégories de salariés et de métiers. Récupérer la Confiance des investisseurs. Instaurer la Confiance entre AF et KLM.

AF-KLM et ses salariés ont besoin d’un patron qui ouvre les yeux et écoute. Qui, sans fard, exprime l’état des lieux. Qui fédère autour d’une vision pertinente. Qui tranche dans les choix à faire sans se préoccuper de son avenir personnel ou des errements corporatistes. Qui redonne l’espoir et la « niaque » à la Compagnie.

Tous nos sincères vœux de réussite !Sphre Russite

oct
23

 

Vive le Plan A

Air France peut disparaître de n’avoir pas admis que le monde avait changé et qu’il fallait s’y adapter.

Air France et nous, méritons mieux que cela

Notre destin n’est pas le repli mais la conquête

 

Il est bon de prendre du recul par rapport aux déplorables évènements récents, aux derniers conseils d’administration et CCE. Quel gâchis ! À croire que nous n’avons pas encore atteint le fond pour enfin réagir de manière constructive. De plus en plus de salariés sombrent dans l’écœurement, la résignation ou la colère.

Quel crash industriel et social faudra-t-il attendre pour que les actions de renouveau de la Compagnie soient enfin appliquées ?

Peu importe les responsabilités, il n’y a pas de fatalité et il faut oser agir en prenant le temps mais sans repousser indéfiniment les échéances.

Grâce à l’implication des salariés, la Compagnie va beaucoup mieux mais est loin d’être durablement sortie d’affaire. Les charges externes pèsent de plus en plus sur elle. Sa compétitivité interne accuse encore un retard sur ses concurrentes.

 Nous sommes tous fiers de travailler à Air France. La majorité des navigants et des personnels sols ont envie que la Compagnie prospère. Appuyons nous sur cette maturité pour moderniser notre entreprise.

 La résistance au changement est compréhensible. Qui d’emblée a envie de remettre en question ses conditions de travail ? Mais il serait suicidaire de nier l’évolution du marché et l’agressivité de la concurrence trop souvent déloyale. S’indigner contre l’ultra-libéralisme, lutter contre le dumping social et financier lié à la mondialisation est louable. Cependant, pour conserver une chance d’avoir un avenir, il est vital d’accepter des efforts et d’être temporairement déstabilisé. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre à armes égales contre la concurrence féroce. Sans cela, drapés dans notre bon droit, nous assisterons au déclin inexorable d’Air France.

 Air France est sur une mine d’or convoitée. La responsabilité de chacun est que l’on puisse l’exploiter.

 Pas besoin de recette miracle mais de bon sens ! Le regain d’Air France bénéficierait largement :

  • D’une vigilance sans concession sur la sécurité des vols
  • D’une équipe de Direction AF / AF-KLM bienveillante qui redonne confiance parce qu’elle est cohérente et qu’elle ose appliquer avec discernement et détermination les décisions qui nous sauveront. Une majorité silencieuse de salariés est de plus en plus exaspérée de se sentir prise en otage par le résultat des chicaneries (à 400 M€ tout de même !) entre corporation des pilotes et Compagnie. Ces deux protagonistes clament leur volonté de trouver un accord. Qu’ils aboutissent rapidement sans que les autres catégories de personnel soient les dindons de la farce !Besoin d'une stratégie claire
  • D’une stratégie offensive réellement débattue en conseil d’administration et en CCE, davantage coordonnée avec KLM et s’intéressant aux filiales. Il serait irresponsable de ne pas décider de ce que sera Air France dans 5 ans. Quitte à faire évoluer ce modèle cible en fonction des aléas.
  • D’une communication limpide et complète du modèle de compagnie vers lequel on se dirige. Et sur ses conséquences sociales. Maladresses, tergiversations, cacophonie et opacité font le lit de la désinformation. Rien n’est plus angoissant pour les salariés que de ne pas savoir pour quel futur ils se battent. Rien n’est plus déstabilisant pour un manager que de ne pouvoir Renouons avec la compétitivitérenseigner son équipe sur l’avenir.
  • D’un diagnostic partagé sur la compétitivité d’Air France fait par un expert extérieur reconnu et intègre.
  • De la tenue d’authentiques négociations catégorielles à huis clos pour éviter la médiatisation et les instrumentalisations syndicales et politiciennes. Il faut renouer avec le dialogue social de qualité qui est dans les gènes d’Air France. D’un côté comme de l’autre, plus de franchise et d’écoute respectueuse est nécessaire.
  • D’une totale transparence sur le contenu des négociations PNC, PS et PNT pour garantir l’équité et vérifier l’efficacité des mesures de productivité négociées.
  • D’accords qui permettent d’appliquer une autre stratégie que le plan B, remède de cheval qui risque de tuer le patient.
  • De sens de la mesure : Air France ce n’est pas Germinal. La Direction nous garantit que les compromis de solidarité efficaces et une croissance retrouvée nous éviteront les intolérables licenciements. N’est-ce pas l’essentiel ?
  • De reconversions et de mobilités attractives et accompagnées. Le futur PDV devra être le plus ouvert possible.Union sacrée
  • De l’obtention d’une rétribution ultérieure conséquente récompensant tous les salariés (actions gratuites par exemple).
  • De justice. La Direction reconnaît que les cadres d’Air France sont nettement moins bien rémunérés que leurs homologues français. Les benchmarks devront aussi un jour s’appliquer dans ce sens là !
  • D’États Généraux du Transport Aérien Français pour que le gouvernement assume sa responsabilité. Pour qu’en accompagnant nos réformes internes, il cesse enfin de plomber cette activité essentielle à la préservation du rang international de la Nation. Mais ne nous leurrons pas : « aide toi et le ciel t’aidera ! »
  • De cohésion et de solidarité inter catégorielles indispensables à la réussite collective dans un climat apaisé. Les salariés attendent « l’union sacrée » plutôt que les postures et le dialogue de sourds entre certains syndicats et la Direction. Il faut aussi redynamiser le lien social dans la Compagnie.
  • D’une culture managériale modernisée qui permette l’épanouissement de l’intelligence des salariés. PDV après EmpowermentPDV, l’encadrement restant est mis en tension car la responsabilisation et l’autonomisation ainsi que la simplification restent au stade des promesses.

 En positivant nos énergies, nous éviterons à Air France d’être inféodée ou dépecée par un investisseur. AF-KLM pourra nouer d’égal à égal les indispensables futures alliances. Nous sortirons de la spirale déprimante des plans d’attrition successifs. Air France pourra redevenir créatrice d’emplois.

 C’est vraiment le moment d’être responsables et solidaires. Transformons cette crise en opportunité !

Nous allons y arriver

fév
14

 

Salle du Conseil

Pour survivre en restant un leader du Transport Aérien, le Groupe Air France doit profiter de l’embellie du trafic mondial. Il le fera à plusieurs conditions dont les principales sont la lucidité, le sang-froid et le courage. Ces qualités très « aéronautiques », nous les avons dans notre ADN.

Notre entreprise n’est pas arrivée dans le marasme actuel par hasard ! Sans s’auto-flageller, il faut corriger les causes qui nous y ont conduits.

Les adaptations permanentes à venir seront autant d’occasions de rendre Air France plus compétitive et profitable. La régénération de son modèle industriel et économique ne peut se réaliser qu’en valorisant le Capital Humain. La sauvegarde de notre Groupe et nos intérêts de salariés étant intimement liés.

Pour transformer Air France, puisons de l’énergie dans ses points forts passés et présents

  • Une révolution commerciale, en cours, qui remet les clients au centre de nos attentions
  • TransForm, un plan négocié, pilier efficace du redressement économique d’Air France
  • Des salariés passionnés et compétents
  • Les crises, épreuves et drames que nous avons toujours collectivement surmontés
  • AF-KLM, la première fusion transnationale du Transport Aérien
  • Skyteam, une des trois alliances mondiales, que nous avons cofondée
  • Un réseau mondial riche et équilibré desservi par notre puissant Hub
  • La complémentarité de nos activités Passage, Fret et Maintenance
  • Une longue histoire et une place de référence dans le secteur

Pour réussir, des améliorations sont nécessaires

Air France a besoin de dirigeants qui :

  • Osent communiquer objectivement la situation économique d’Air France aux salariés
  • Observent avec humilité nos concurrents et appliquent une stratégie offensive
  • Apaisent les réticences de KLM à franchir le pas de la fusion quitte à être plus directif
  • Écoutent l’encadrement et regardent la réalité en face
  • Intéressent financièrement les personnels au redressement économique de leur Compagnie
  • Aient le courage de défendre ouvertement notre Compagnie, si besoin en se confrontant à leurs amis de « caste », responsables politiques, dirigeants d’entreprises comme ADP et hauts fonctionnaires
  • Reconnaissent leurs erreurs et les assument jusqu’à démissionner pour certains d’entre eux qui professent des stratégies diamétralement opposées à celles qu’ils imposaient doctement il y a encore peu de temps
  • Pensent moins à leur carrière mais soient solidaires et loyaux entre eux
  • Travaillent sincèrement avec les syndicats réformistes et respectent scrupuleusement les accords conclus

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